Il était une fois... METTEZ

D'abord, une toile...

Tout commence à Paris, Quai de la Rapée, avec une toile, la fameuse toile METTEZ, indestructible et imperméable, avec laquelle sont, dès 1847, confectionnées puis vendues ou louées, place de l’Hôtel de Ville, des bâches, caparaçons et couvertures à usage agricole (pour protéger bétail, récoltes, charrettes, chevaux ou serres), des tentes foraines et militaires, des articles pour la marine et des vêtements de travail destinés aux pêcheurs, cultivateurs, jardiniers, charretiers, mariniers et autres mineurs.

Avec le passage du cheval de trait au cheval vapeur METTEZ va, dès la fin du 19ème siècle, se spécialiser dans l’équipement et les fournitures de toile pour l’automobile : capotes et bâches pour voitures et camions, housses de protection pour les malles, pneus et lanternes, imperméables et « pare poussière » pour les chauffeurs et leurs passagers. A l’époque, il confectionne également des toiles enduites pour les ailes des premiers aéroplanes.

Avec le développement des bains de mer et l’avènement des vacances (les premiers congés payés datent de 1936) apparaissent les tentes de camping et de plage. METTEZ entre alors dans l’ère des loisirs. Issue du vêtement de travail, la ligne de vêtements de chasse se développe considérablement avec paletots, pèlerines, manteaux, vestes, gilets et blouses de rabatteurs, tous confectionnés dans la fameuse et véritable « Toile Mettez », en lin ou coton.

Fidèle à la tradition, METTEZ propose encore aujourd’hui une gamme de vêtements pour la chasse et la détente, vêtements fabriqués artisanalement en petites séries et vendus en exclusivité dans la boutique du 12 boulevard Malesherbes à Paris dans le 8ème arrondissement.

Cap sur l'Autriche

Lorsqu’en 1964 METTEZ est repris par Elie Jacques Francès, son activité principale est presque exclusivement axée sur l’univers de la chasse.

C’est à cette époque que les premiers manteaux « LODEN » et plus précisément le modèle « Hubertus », spécialement conçu pour la chasse grâce à ses ouvertures sous le bras et son pli creux, viennent compléter la gamme traditionnelle.

Importé d’Autriche et, à l’origine, vendu presque exclusivement aux chasseurs dans sa version verte, ce manteau va être à l’origine d’un des phénomènes de mode les plus importants des années 70 et 80

L’arrivée des coloris « ville » (beige, gris et marine) et des modèles destinés à la clientèle féminine vont en effet donner au « Loden » ses lettres de noblesse dans l’univers du vêtement.

En pleine « folie du Loden » (METTEZ en vendra jusqu’a 4 000 pièces par saison !), Alain Francès, qui a succédé à son père décédé en 1970, décide d’infléchir l’image de METTEZ en privilégiant la diffusion d’autres produits « authentiques ».

A l’occasion d’un premier voyage à Salzburg, en 1975, il découvre l’existence, d’un patrimoine vestimentaire populaire qui va bien au-delà d’un « folklore » pittoresque et suranné. Une véritable tradition encore peu exploitée en dehors de l’Autriche.

Avec les « Walkjânkers »(vestes de laine bouillie et teinte artisanalement), les pulls et chemises brodés à la main, les articles en « laine foulée » et le style« tracht »... le succès est immédiat.

Et METTEZ s’impose dès lors comme le spécialiste incontesté du style autrichien, une valeur sûre et " indémodables".